Distribution de médicaments en dehors des pharmacies

Pharmacien

Prévisible depuis plusieurs mois et officielle depuis fin janvier, la faillite de la chaîne de grosses pharmacies allemande, jusque-là numéro 1 du secteur en Europe, avec 10 000 magasins dont 3 000 dans d’autres pays européens, pose, selon les pharmaciens d’outre-Rhin, la question de la distribution des médicaments sur Internet et donc hors des circuits classiques de l’officine.

Cette fameuse chaîne familiale allemande créée en 1967 et devenue progressivement un géant de la droguerie, s’était lancé en 2005 dans la mise à disposition rapide de médicaments, en s’adossant à une pharmacie virtuelle créée par ses soins, dont le siège était aux Pays-Bas.

Concrètement, les clients des drogueries pouvaient y déposer leurs ordonnances, puis y récupérer quelques jours plus tard leurs médicaments, préparés par cette société et envoyés à la droguerie.

Les clients bénéficiaient ainsi de prix légèrement inférieurs aux prix du marché allemands, grâce notamment à la différence de prix et de TVA entre les médicaments allemands et les médicaments néerlandais. Les pharmaciens avaient réussi, en 2006, à faire interdire ces pratiques au nom de la protection de la santé. En 2010, elles avaient à nouveau été autorisées au nom, cette fois, de la liberté économique, le risque sanitaire lié à ce mode de fonctionnement n’ayant pas été jugé assez grave par les autorités.

Certes marginal, cette pratique du libre accès aux médicaments n’aura en tout cas pas suffi pour sauver cette fabuleuse chaine de magasins.

Une pratique contestée

Réagissant à cette faillite retentissante, le président du syndicat des pharmaciens allemands,   versé des larmes de crocodile en pensant notamment aux 30 000 employés du groupe désormais au chômage, mais il s’est surtout inquiété des conséquences d’une telle faillite pour l’avenir de l’approvisionnement pharmaceutique.

Si des chaînes de droguerie remplacent petit à petit les pharmacies de quartier, mais disparaissent soudain du jour au lendemain, ce n’est pas dramatique pour les acheteurs de dentifrice et de savon, mais çà l’est beaucoup plus pour les patients qui y déposent et reprennent leurs ordonnances, parce qu’il n’y a plus de pharmacies, en estimant que cette faillite démontre le risque qu’il y aurait à démanteler les pharmacies traditionnelles au nom de la seule politique des prix.

La pratique de vente de médicaments sans pharmaciens, pourrait d’ailleurs disparaître prochainement d’elle-même, dans la mesure où le gouvernement allemand envisage maintenant d’interdire les rabais sur les médicaments en provenance d’autres pays, ce qui ferait perdre tout intérêt à ce type d’enseignes, mais aussi aux pharmacies virtuelles opérant depuis l’étranger.

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